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  • 30Juin 15

La Culture Shangaan

La Culture Shangaan : naissance

Les premiers Tsonga sont entrés dans l’ancien Transvaal (établi en 1852 par le traité de Sand River, le territoire du Transvaal fut constitué en république en 1856). Annexé par les Britanniques en 1877, il est de nouveau indépendant de 1884 à 1900. Cette république fut occupée une seconde fois par les troupes britanniques en 1900 durant la Seconde Guerre des Boers avant d’être officiellement dissoute en 1902 lors de la signature du traité de Vereeniging. En 1910, l’ancienne république devint l’une des quatre nouvelles provinces du dominion de l’Union sud-africaine au cours du 18ème siècle.

L’histoire de la culture Shangaan est complexe. Elle a commencé autour du XVIIIème siècle lorsque les premiers commerçants Tsonga sont venus en Afrique du sud pour troquer des tissus, des perles d’ivoire, du cuivre et du sel.
shangaan-danseur-sourireLes Shangaan ont une ascendance mixte qui comprend des souches de divers autres groupes ethniques d’Afrique du Sud, y compris zoulou et Tsonga. La Culture Shangaan, principalement Nguni, intègre de nombreux aspects de ces autres groupes, tels que les cicatrices du visage et la musique des Tsonga.
La tribu Shangaan a vu le jour lorsque le roi Zoulou King Shaka, envoya Soshangane pour conquérir les Tsonga dans la région de l’actuel sud du Mozambique, pendant le soulèvement de Mfecane du XIVème siècle qui correspond au cycle de guerres et de migrations engendrées par l’ascension au pouvoir du roi zoulou Shaka après s’être lancé dans la conquête des peuples Nguni.

Soshangane kaZikode fût le fondateur et le premier roi de l’Empire Gazankulu, qui, à l’apogée de sa puissance s’étendait du sud du Mozambique jusqu’aux provinces du Mpumalanga et du Limpopo en Afrique du Sud. Soshangane régna de 1825 jusqu’à sa mort en 1858.
Entre 1864 et 1867, le Tsonga ont été impliqués dans les combats entre les commandos de Paul Kruger et le chef Venda Makhato. Pour leurs services, ils ont été récompensés un terrain près de la ville de Schoemansdal. Plus tard, ils fuirent les Portugais pour rejoindre les Shangaan dans le Lowveld.
Soshangane insista pour que soient adoptées les coutumes Nguni, et que les Tsonga apprennent la langue zouloue. Les jeunes hommes Tsonga fûrent assignés à l’armée comme «mabulandlela » (ceux qui ouvrent la route). Il imposa également le système militaire de Shaka ainsi que les méthodes de combats zoulous afin d’envahir les colonies portugaises au Mozambique.
Par ailleurs, Soshangane conserva les belles fermes Tsonga composées de huttes rondes aux toits de chaumes.
Il adopta également leur amour de la musique qui propose une variété d’instruments à cordes et à vent ainsi que des percussions ingénieuses. La Musique chez les Tsonga, est en effet très respectée, car c’est elle qui donne le pouvoir de détruire ou de protéger la communauté, étant aussi un outil majeur dans l’éducation et l’initiation des adolescents.
Les descendants des Tsonga et des Shangaan vivaient ensemble dans la région et un grand nombre d’interactions ont eu lieu entre les deux groupes. La patrie Tsonga-Shangaan, « Gazankulu, » fût découpé hors de la province septentrionale du Transvaal pendant les années 1960 et obtenu le statut autonome en 1973. L’économie du territoire dépendait en grande partie de l’or.
Seulement environ 500.000 personnes – moins de la moitié de la population Tsonga-Shangaan d’Afrique du Sud – y vivaient.
Beaucoup rejoignèrent les townships autour des centres urbains, en particulier à Johannesburg et Pretoria.

village-tsonga-hutte-traditionnelleA travers l’influence Tsonga, les Shangaan, font partis d’un des rare groupes ethniques en Afrique du Sud qui pratique la pêche pour son alimentation en raison de l’abondance du poisson dans la région, et cuisinent le crocodile qu’ils font cuire dans une délicieuse sauce d’arachide.
Cependant, l’aspect le plus inhabituel de leur régime alimentaire est leur amour du ver mopane trouvé dans les forêts du Lowveld. Ceux-ci sont séchés et poêlés au beurre, ce qui est une expérience gustative à ne pas manquer.

Traditionnellement, chaque famille Tsonga avait son propre «village» composé de quelques maisons et un kraal, entouré par les champs et les zones de pâturage. À partir de 1964, le gouvernement commenca à réinstaller les gens dans les villages ruraux de 200 à 400 familles. Ces réinstallations apportèrent d’énormes changements dans la vie des gens, certains pour le mieux (routes, écoles, eau, etc.), certains pour le pire (dispersion de la famille élargie, le manque d’intimité, des problèmes avec le bétail, la distance avec les champs).
Au cours du XVIIIème siècle, la plupart des Tsonga ont été organisées dans plusieurs petites et indépendantes chefferies dans laquelle l’héritage se transmettaient par les frères, plutôt que par le fils, ce qui était une caractéristique déterminante du système social, une pratique courante dans de nombreuses sociétés d’Afrique centrale, mais rare chez les autres groupes sud-africains.
Comparé avec les structures occidentales communes de la famille, les structures sociales traditionnelles des tribus Tsonga sont assez complexes.

La plus petite unité sociale qui peut être déterminée est la «famille nucléaire», composée d’une femme avec sa hutte et un coin cuisine, son mari et leurs enfants. Pour les hommes Tsonga, la possibilité d’avoir plus d’une femme existe. En cas de polygamie, les «familles élargies» sont constituées d’un groupe de familles nucléaires, dirigé par le même homme.

Traditionnellement, ces villages sont des espaces de vie circulaires, entourés de murs en bois. A l’intérieur de ce cercle, des huttes et des emplacements pour la cuisson sont construits. De grands toits de chaume coniques caractérisent le style de leurs maisons. Les colliers de perles et les bracelets larges de métaux lourds sont aussi très populaires. Dans la communauté Tsonga, différentes unités sociales existent. Mis à part es unités de la famille mentionnés ci-dessus, les lignages ou « Nyimba « existent, composés de personnes qui peuvent prouver qu’ils descendent des mêmes ancêtres. Les différentes lignées peuvent être regroupés en clans ou « xivongo », composés de toutes les personnes, qui descendent d’un même ancêtre. Aujourd’hui, la structure de la communauté Tsonga est basée sur les relations tribales. Une tribu est un groupe de personnes, qui reconnaît l’autorité d’un chef de tribu ou « hosi, » et qui vit dans une zone tribale spécifique ou « hosi tiko ra ».

Alors que généralement dans la culture bantoue, et plus particulièrement dans Shangaan-Tsonga culture, un Être suprême est reconnu, les pouvoirs des ancêtres qui sont soupçonnés d’avoir des effets considérables sur la vie de leurs descendants sont beaucoup plus pertinent. Les ancêtres apparaissent principalement dans les rêves, mais parfois se manifestent comme des esprits. Certains esprits ou les ancêtres sont censés vivre dans certains endroits sacrés où d’anciens chefs ont été enterrés. Chaque clan shangaan-chef-tribu-afrique-du-sudpossède plusieurs de ces cimetières. Les ancêtres sont apaisés par des prières et des offrandes, qui vont de la bière aux sacrifices d’animaux. Le Sangoma, « sorcier-guérisseur » fait des offrandes dans les moments difficiles ou en cas de maladie, et lors d’occasions spéciales au nom de la communauté.
On prend soin de plaire aux ancêtres, car les ancêtres agités peuvent causer des ennuis. On donne les noms des ancêtres aux enfants afin d’assurer la continuité de la famille.

Après la mort, les morts conservent des liens très forts avec la communauté.
Pendant les cérémonies religieuses, la famille se réunie dans un espace particulier pour rendre hommage aux esprits des ancêtres. Nourriture et boissons sont offerts aux ancêtres pour les remercier de leur bienveillance.
Il est important de savoir que dans la vision du monde traditionnelle Tsonga, la société est une unité globale, comprenant à la fois les vivants et les morts.
Mis à part leur croyance dans les esprits ancestraux, il existe aussi une forte croyance en la magie, qui peut être utilisée à des fins maléfiques pratiquées par les mauvais serviteurs dans le but de nuire à la communauté.
Cependant les guérisseurs traditionnels, combinent aussi la magie et la connaissance des plantes médicinales en faveur de la communauté.

Dans la tradition Shangaan-Tsonga, la grand-mère ou la femme aînée de la famille est l’émettrice respectée des vieilles histoires. La vieille femme, appelée Garingani, ou conteuse, commence sa narration en disant « Garingani, n’wana wa Garingani! » – «Je suis conteuse, fille de conteuse ! » après quoi la foule scande son nom après chaque fait de l’histoire.

La vie des Shangaan aujourd’hui

Au début du XXè siècle, les Shangaan furent enlevés de force à une grande partie de leurs terres ancestrales dans le Lowveld pour faire place à la formation de ce qui est maintenant la partie sud du Parc National Kruger. Aujourd’hui, ils se trouvent principalement entre le Parc Kruger et les montagnes du Drakensberg, dans le Mpumalanga où se trouvent des villages Shangan, à proximité de nombreuses réserves naturelles privées et du parc national Kruger où vous trouverez de superbes lodges de brousse

Parmi ces villages, le village d’ Acornhoek, situé au milieu des arbres centenaires, est connu pour sa production de tabac, de coton et de légumes, et pour les artistes et artisans qui vendent des œuvres en perles extraordinaires,

Ce village culturel vise ainsi à faire connaître ses traditions, à contribuer à la création d’emplois, et au développement économique.
Vous pouvez suivre une visite guidée du village, et profiter d’une fête traditionnelle accompagnée par la musique, la danse et des spectacles qui racontent l’histoire du peuple Shangaan.

Mapusha-tisseusePrès du village d’Acornhoek, vous trouverez également un groupe d’entrepreneurs Shangaan et de femmes Sotho, « Mapusha Weavers », qui travaillent dans leur atelier rurale.
Des tapis faits à la main, des tapisseries, des sacs, et d’autres chefs-d’œuvre tissés sont fabriqués à partir de laine ou de coton filé et teints en utilisant des techniques séculaires, et sont toutes des œuvres d’art originales.

Par ailleurs, prenez le temps de visiter les environs à travers les chemins de randonnée, connu pour ses cascades spectaculaires, et ses paysages merveilleux

La Musique et la Dance Shangaan actuelles

Avec leur amour pour la musique, les gens Shangaan-Tsonga ont développé un certain nombre d’instruments de musique. Le ‘Fayi’, une petite flûte en bois, qui produit un son rauque et obsédant, souvent joué par les jeunes garçons gardiens de troupeaux. Le ‘xitende’, est un arc long, mince, lié à chaque extrémité par une lanière de cuir ou d’un fil tendu qui traverse une gourde, souvent utilisé pour lutter contre l’ennui pendant les longs trajets.
Le Shangaan-Tsonga sont bien connus pour leurs danses, menées au rythme des tambours et des cornes.
A la pointe de la musique Shangaan / Tsonga, Thomas Chauke est un musicien très connu pour le son et le rythme de sa guitare et ne déçoit jamais. Né en 1952 dans le village de Salema, dans la province du Limpopo en Afrique du Sud, Thomas Chauke a enregistré plus de 33 albums en 30 ans de carrière et a reçu un doctorat honorifique par l’Université Venda de la Province du Limpopo en 2010. A cet occasion, Chauke a déclaré à l’auditoire que presque toutes ses chansons délivraient un message, et que les musiciens doivent divertir et enseigner et a demandé à tous les musiciens d’utiliser la musique pour éduquer la société en Afrique du Sud.
En effet la plupart de ses chansons parlent de la famille, des parents, de l’amour, des problèmes sociaux, du mariage, des jeunes et de la construction de la nation.  »

Parallèlement aux musiques traditionnelles, se développent en Afrique du Sud des styles influencés par des apports extérieurs comme le disco, le rap ou l’électronique. Le Shangaan electro est l’un d’entre eux !
En remplaçant marimbas et percussions d’origine par des claviers aux sons aigus et des samplers vocaux, c’est le producteur Richard Mthetwa aka Nozinja à Soweto qui poussa la vitesse rythmique et qui impulsa une version électronique.
Musique electro, danse ultra rapide, costumes de clown, flux youtube, radios communautaires, sonneries de téléphones, chants traditionnels sont les ingrédients de ce virus musical et low tech et homemade.
Puissamment cinétique, cette musique, portée par ses danseurs frénétiques, anime les fêtes hebdomadaires de Soweto.

Après avoir fait des ravages dans son pays d’origine, ce croisement entre la musique traditionnelle du peuple Shangaan et une musique electro survitaminée, est aujourd’hui devenu un genre mondial. En 2010, le label londonien Honest Jon sort les premières compilations.

Avec ses danseurs agiles et sa musique entrainante, l’Afrique du Sud débarque en grande pompe avec sa « dance music à 180 battements par minute » et ça secoue !
L’originalité de la Musique Shangaan Electro réside dans cette volonté constante d’aller toujours plus vite. À chaque concert, le Dj lance un défi au public, joue les mêmes morceaux toujours plus vite, jusqu’à l’état extatique où le corps se balance seul, secoué par des sonorités de claviers aux BPM toujours plus rapides.
Une rapidité, qui repousse toujours plus loin les limites et qui représente à chaque prestation un challenge que le public Shangaan électro se doit de relever.

En fait, le phénomène New Wave de la Dance Music et ses chorégraphies endiablées n’est pas nouveau en Afrique du Sud. Chaque été les gosses des rues s’inventent des pas chaloupés, devenant ainsi les rois de la piste le temps d’une saison.

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